SAPE : Les 70 ans du monument Djo-Balard commémorés avec faste

Une information a failli échapper à notre rédaction. Il s’agit des festivités du 70e anniversaire de Djo-Balard, l’un des ‘’Rois de la SAPE’’ et l’un des ambassadeurs et monuments culturels congolais à l’étranger, qui se sont déroulées, le 27 mars 2026, dans la salle du 12 rue des Entrepreneurs à Villiers-le-Bel, transformée en temps d’une soirée en capitale mondiale de la SAPE. La représentation diplomatique était au rendez-vous, en présence d’Armand Rémy Balloud Tabawé, ministre conseiller de l’ambassade du Congo en France, pour honorer en même temps la Société des ambianceurs et des personnes élégantes (SAPE).

Le ‘’Roi de la SAPE’’ a changé de tenue à plus de trois reprises. Il a offert un défilé de mode au bonheur des amoureux de la SAPE. Né en 1956, Antoine Wada à l’état-civil, alias Djo-Balard a quitté Brazzaville dans les années 70 pour Paris, où sa passion de la bijouterie l’a naturellement conduit vers les cercles de la mode. Pendant des années, et ensemble avec les étudiants congolais de la Maison des étudiants congolais (MEC) imprégnés de l’art de la SAPE, il s’impose rapidement parmi les plus zélés, jusqu’à décrocher le titre de ‘’Roi de la SAPE’’ lors d’un concours du mieux habillé.

Loin d’être une simple fête d’anniversaire, les 70 ans du ‘’Roi Djo-Balard’’ sont la concrétisation d’un parcours, la célébration d’un vétéran qui a transformé un art de vivre congolais en véritable héritage culturel. Née dans les rues de Brazzaville et de Kinshasa, la SAPE portée par des hommes comme Djo-Balard jusqu’au cœur de Paris, est aujourd’hui un miroir pour toutes les diasporas africaines de France et d’Europe.

L’intervention surprise de l’artiste Norbat de Paris a donné un autre cachet à la cérémonie; Pour ce faire, il a fait une dédicace spéciale de la chanson phare ‘’Binkuti bia me bia muini, songuila bia ngue’’. Traduire : ‘’Tu vois mes vêtements, montre aussi les tiens’’. Pendant cet évènement, la diaspora congolaise a rappelé au monde entier que la beauté, la dignité et l’élégance sont aussi une forme de résistance culturelle, et à 70 ans, le ‘’Roi’’ n’a pas tiré sa révérence, et in continuera à régner pour le bien des adeptes de cette ‘’religion’’.

D’après des experts, «il important de percevoir la SAPE comme un luxe d’une extravagance gratuite. Elle est une esthétique corporelle, une autre manière de concevoir le monde, et dans une certaine mesure, une revendication sociale d’une jeunesse en quête de repères, Djo-Balard en est l’un des ‘’Rois’’».

Alain P. MASSAMBA/Lasemaineafricaine

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