RD Congo. Figure majeure des lettres africaines, le célèbre écrivain congolais Alain Mabanckou poursuit son voyage au cœur des grandes voix de la rumba congolaise avec une troisième escale consacrée à la grande Abeti Masikini, « l’Internationale », de la République démocratique du Congo (RDC).
Elle n’a que 19 ans lorsqu’elle électrise la scène de Olympia de Paris. À Carnegie Hall de New York, ce sont 3 000 spectateurs debout qui saluent sa puissance. Son nom circule au-delà des frontières africaines, aux côtés de figures mondiales comme James Brown, Miriam Makeba ou encore Mohamed Ali.
Dans un univers musical congolais largement dominé par les hommes, Abeti Masikini impose une voix, une présence, une audace que rien ne viendra effacer. Première femme africaine subsaharienne francophone à se produire à l’Olympia, elle ouvre la voie. Premier disque d’or congolais, elle marque l’histoire. Pionnière absolue, elle redéfinit les contours de la scène musicale africaine.
Le 28 septembre 1994, la voix s’éteint. Abeti Masikini disparaît à seulement 40 ans. Mais comme toutes les légendes, elle ne quitte jamais vraiment la scène : elle continue de résonner, portée par la mémoire et par le souffle intact de la rumba.