Puisse votre riche héritage professionnel être pour moi l’occasion d’un appel au sens noble du devoir des cadres congolais envers leur pays.
DISPARITION. La triste nouvelle du décès de M. Firmin Ayessa Ministre d’Etat Ministre de la Fonction Publique et de la Sécurité Sociale de la République du Congo, connue, elle s’est répandue comme une traînée de poudre. Le Ministre d’Etat Firmin Ayessa s’est éteint, le 17 février 2026, à Istanbul, en Turquie.
Sa dépouille devant être rapatriée, le 21 février 2026. Selon ses dernières volontés, le Ministre d’Etat Firmin Ayessa sera inhumé, sur ses terres natales de Ondza, dans les Pays de Makoua- Département congolais de la Cuvette, en dernière séquence des obsèques du Ministre d’Etat, en présence du Chef d’Etat Congolais, le Président Denis Sassou Nguesso, le 24 février 2026.
Un grand Journaliste, à l’âme curieuse, l’expression écrite et orale irréprochable, avec une admirable culture générale, fut M. Firmin Ayessa. Cela, au terme de ses études supérieures en Communication à l’Université Marien Ngouabi de Brazzaville et à l’Université Bordeaux III, en France. Ayant occupé, au cours de sa longue carrière professionnelle, maint postes dans l’administration publique et l’arène politique congolaise. Il termine sa vie comme Ministre d’Etat et Député de Makoua, dans le Département de la Cuvette.
Des années sont passées, j’ai fait la connaissance de M. Firmin Ayessa par l’intermédiaire de mon oncle Emile Ello, un de ses amis du milieu des médias congolais où prédominent l’esprit critique, la capacité d’analyse et de synthèse. Depuis lors, M. Firmin Ayessa et moi, nous nous sommes voués à des égards réciproques. Lorsque je siège au Gouvernement, sous le Président Pascal Lissouba, il a maintenu le contact avec moi. Et nous échangions sur les affaires mondiales dont celles ayant trait à notre pays, la République du Congo, dans tous ses aspects particulièrement celles qui conditionnent son développement.
Le Ministre d’Etat Firmin Ayessa nous quittant à jamais, je saisis l’occasion de sa disparition pour me tourner vers mes compatriotes congolais, ces cadres de divers domaines et autres intellectuels qui, dans notre pays, occupent des fonctions, aussi bien dans l’administration publique et le para étatique, que dans la sphère politique. Etant moi même concerné par cette posture pour avoir servi dans le secteur public et ai assumé des charges politiques au Congo, avant de faire valoir mes droits à la retraite.
Ce faisant, c’est un appel que je lance à nous, cadres Congolais, ci-dessus identifiés, pour que nous nous recentrions à fond sur les raisons pour lesquelles nous sommes amenés à servir la République et à défendre ses principes fondateurs. Nous engageant proprement à réfléchir à notre sens du devoir envers notre pays, au-delà de nos intérêts personnels égoïstes, dans un contexte où les retards qu’accuse la République du Congo, dans sa marche vers la modernité s’aggravant, la bonne gouvernance et la responsabilité sont mises en avant.
Surtout que, de l’ensemble du territoire national, s’élèvent des voies des populations exigeant de nous le parfait accomplissement de nos obligations morales et républicaines à servir le bien commun avec loyauté et d’agir avec intégrité et efficacité.
De notoriété publique, avec les pouvoirs qui se succèdent au Congo, depuis son Indépendance, le 15 août 1960, beaucoup, parmi nous, les cadres, tous niveaux d’administration publique et politique confondus, nous nous accoutumons de certaines habitudes et comportements, non convenables, qui desservent pleinement la République et dégradent nos personnes.
Aussitôt installés dans l’institution, l’organe ou le service qui nous a accueillis, pour nous mettre à la disposition du pays, nos manières de vivre changent, surtout lorsque notre pouvoir d’achat s’améliore. Vite, nous nous laissons emporter par la facilité. Nous oublions les principes qui nous ont guidés jusqu’à ce poste. En un tour de main, les privilèges et les avantages qui viennent avec la fonction que nous exerçons nous font perdre de vue les vraies priorités de notre administration ou de notre Ministère.
Dans nos fonctions de Ministre, directeur, conseiller, chef de service, parlementaire ou autre charges de l’instance où nous siégeons, la plupart du temps, l’accumulation des biens matériels nous tient. Cela, comme à l’idée de combler, en peu de temps, ce que nous considérons en nous comme des vides ou des insuffisances. Mieux, comme si nous cherchions à compenser un sentiment de manque ou d’insécurité proche ou lointaine par l’accroissement de biens matériels.
Dans cette tendance, nos concessions se remplissent de véhicules. Notre parc immobilier grandit. Tournant le dos à la préservation de la santé, nous devenons des adeptes des boissons alcoolisées, au demeurant celles qui valent chères alors qu’avant de gravir les échelons, nous vivions modestement. Le repos, après le travail, est minimisé au profit de la fréquentation des brasseries, restaurants et autres boites de nuit de standing. Nous laissant emporter par le rythme de la vie, nous oublions les choses essentielles.
Tout se passe comme si nous étions dans une course sans fin, où nous n’avons jamais assez, où nous ne sommes jamais satisfaits. Il parait cependant utile de signaler que nul n’interdit l’accumulation des biens, pourvu qu’elle intervienne par des voies légales.
Plus grave, la vision juste des choses nous échappe. Nous trichons avec nous mêmes en feignant d’ignorer la vérité. Une vérité dont nous n’avons pas le courage de signifier les faits, lors des réunions officielles de crainte d’être mal vus, mal appréciés ou éjectés de nos services par nos supérieurs.
Dans bien de cas, nous nous mentons à nous mêmes aux fins d’éviter de faire face à la réalité. Nous savons que quelque chose ne va pas, mais nous préférons fermer les yeux et continuer à jouer le jeu. C’est d’ailleurs un classique, cette peur de déplaire à son supérieur, de perdre son poste ou de compromettre sa carrière. La vérité est souvent difficile à entendre. Et pourtant, c’est souvent la seule façon de progresser et de prendre les bonnes décisions.
Devenus Ministres, nous nous entourons des nôtres, même sans qualification pour mieux se sentir. C’est le règne du copinage et du népotisme, où les relations et les liens personnels priment sur la compétence et le mérite. Ce qui crée un climat de favoritisme et de médiocrité, où les gens sont plus préoccupés par leur propre intérêt que par le bien commun. Situation désolante dans des institutions qui sont censées servir le public.
Plus près de nous, presque tous les participants au Dialogue de Djambala, dans le Département des Plateaux, du 16 au 19 février 2026, savaient que cette rencontre ne changerait pas le cours actuel du processus de l’élection présidentielle de mars 2026. Mais, rien n’a été fait pour requalifier le contenu de la reunion.
Le Dialogue de Djambala est un exemple flagrant de cette attitude, où les participants ont préféré maintenir l’illusion d’un processus en cours plutôt que de prendre des mesures concrètes pour résoudre les problèmes en suspend. C’est une forme de complicité silencieuse qui permet aux choses de rester en l’état. Phénomène identique dans les régies financières où les malversations deviennent une règle partagée dissimulée.
De l’élection présidentielle prévue, les 12 et 15 mars 2026, il en sortira un vainqueur, parmi les candidats en lice. Si le Président Denis Sassou Nguesso est réélu, nul doute qu’il s’offrira des raisons objectives de reconduire dans son système des figures qui l’auront accompagné lors du mandat précédant d’autant que bon nombre de celles ci compte dans l’équipe de sa campagne électorale.
Au cas où la chance sourirait à un compétiteur autre que le Président Denis Sassou Nguesso, ce sera avec les Congolais qui l’auront soutenu que ce compatriote gouvernera. Ainsi, c’est également à ceux et celles qui seront aux côtés du Président Denis Sassou Nguesso qu’avec un gagnant autre que ce dernier que s’adresse cette tribune.
Une tribune en guise d’exhortation, aux accents patriotiques et républicains à nous cadres Congolais aux fins que nous donnions la priorité au Congo, dans l’exercice de nos fonctions. Cela, selon les paroles empreintes de dignité et de grandeur de l’ancien Président de la République du Congo, M. Pascal Lissouba. Un rappel puissant à notre endroit pour activer notre obligation de cadres de servir le pays avant tout. Et par extension, placer le pays au centre de nos priorités, au-delà des intérêts personnels ou partisans, pour un bel avenir du Congo.
Au delà de cet appel, et avec l’expression des meilleurs souvenirs que je garde de lui, que là-bas, à l’Eternel Infini, le Ministre d’Etat Firmin Ayessa repose en paix. Pour l’histoire, l’exploitation de son riche héritage professionnel m’aura permis de lancer un appel aux cadres congolais afin qu’ils privilégient le Congo, dans le classement de leurs priorités.
Réaffirmant en ces moments d’intense douleur pour elle, mes condoléances les plus attristées à la famille du Ministre d’Etat, particulièrement à Mme Ayessa, leurs enfants ainsi qu’aux autres lignées familiales. Partageant, parallèlement, l’épreuve due à la perte du Ministre d’Etat Firmin Ayessa avec les autorités nationales congolaises, au premier titre, le Président de la République.
Paris 20 février 2026
Ouabari Mariotti
Ancien Ministre de la République du Congo