RDC. Abbé Gabriel KUSENGANA : Témoignage sur un digne serviteur de Dieu

DISPARITION. Ce 22 décembre 2025, on célèbre le dixième anniversaire du retour à la Maison du Père du révérend abbé Gabriel KUSENGANA KUA MBOMBANI, né le 10 septembre 1931 au village Kinkakasa de la paroisse de Miyamba dans le diocèse de Matadi.

Il fit son école primaire dans la paroisse même de Miyamba et entra très jeune au petit séminaire de Kibula. Après ses brillantes études gréco-latines au petit séminaire de Kibula qui venait d’être tout récemment inauguré, le voilà envoyé au grand séminaire de Mayidi où il parfera ses études philosophiques et théologiques avant d’être ordonné prêtre le 12 août 1962 des mains de Son Exc. Mgr Alphonse Van den Bosche. Celui-ci l’enverra aux études universitaires à Lovanium ( actuelle Unikin)où il obtiendra avec brio une licence en théologie morale.

Il sera vite rappelé au diocèse pour venir combler le vide laissé par le départ en masse des pères rédemptoristes qui œuvraient au petit séminaire de Kibula. En remplacement du père Winand, il sera nommé directeur du Petit Séminaire de Kibula, secondé des abbés Joseph Ndozidianu qui enseignera la mathématique et l’abbé Paul Difwayame qui prendra le latin et le français.

C’est dans les années 1972 que Son Exc. Mgr Simon Nzita le nommera curé de la paroisse St Joseph de Nzanza avant de prendre ensuite les rênes pastorales de la paroisse Notre-Dame de Fatima en remplacement de l’infatigable pasteur le père Boxho.

Pour bien cerner toute la vie sacerdotale de l’abbé Gabriel KUSENGANA, il importe d’en faire l’approche par trois volets.

1. Le volet de son statut sacerdotal.

L’abbé Gabriel, de par l’onction sacerdotale reçue, dégageait une grande autorité spirituelle. Ça découlait du plus profond de lui-même et forçait quiconque l’approchait d’en être marqué.

Dans ses relations avec les confrères prêtres, il était à son aise avec ses aînés, avec les prêtres de sa génération et avec ceux des jeunes générations. Il prenait très au sérieux ses engagements sacerdotaux de conduire le troupeau de Dieu sur le chemin de l’Evangile.

2. Le volet pastoral.

L’abbé Gabriel KUSENGANA était indiscutablement un prêtre réformateur. Partout il est passé, il a amélioré, il a renouvelé des méthodes pastorales, il a innové les infrastructures paroissiales et créé des conditions plus favorables à l’encadrement des âmes. Il sortait souvent des chemins battus en vue d’innover.

J’ai encore en tête la révolution pastorale qu’il a apportée en instituant des communautés ecclésiales vivantes de base, en sigle CEVB, des entités paroissiales à taille humaine, permettant à la paroisse d’être une église famille de Dieu plus proche des cris et des joies de ses ouailles.

Il va porter une touche africaine dans la célébration du sacrement de l’Eucharistie. Inspiré par la réforme liturgique du rite zaïrois du cardinal Malula à Kinshasa, il sera l’initiateur de ce projet dinculturation au diocèse de Matadi. Il va faire les premiers essais liturgiques que l’évêché de MATADI par son directeur du centre liturgique et pastoral d’alors monsieur l’abbé Bernard Nkiambi, reprendra en son compte en le formalisant dans le livre du rite congolais que nous utilisons actuellement durant les célébrations de messe.

C’est aussi lui qui va lancer pour la première fois au diocèse de MATADI dans la paroisse St Joseph de Nzanza, le projet de prise en charge de l’église par elle-même via l’organisation des NSINSANI, qui se veulent des collectes d’argent organisées durant la Messe pour porter solution à différents défis pastoraux. La paroisse St Joseph sera appelée « Nzanza Molakisi » en raison de son rôle d’initiateur de cette pratique de quête paroissiale vis-à-vis des autres paroisses du diocèse qui se mettront à l’imiter dans la suite.

Une fois nommé à Fatima, il réitéra cette pratique qui lui a permis de clôturer la paroisse et les écoles primaires et secondaires de Fatima, d’acheter un groupe électrogène pour palier les différentes coupures de courant. C’est aussi grâce à ces quêtes qu’il construira la salle paroissiale de Fatima et la salle des légionnaires.

Il va également mettre en place des stratégies pastorales pour connecter sa communauté paroissiale avec les autres paroisses du diocèse de Matadi et avec celles des diocèses voisins. Il va organiser des Pèlerinages où tout simplement des voyages de visites de ses chorales qui iront animer des célébrations eucharistiques à Lukala, Mbanza-Ngungu, Kisantu, Boma, Lukula et Tshela etc pour susciter dans ses chrétiens la conscience d’appartenir à une église universelle.

Comme je l’ai déjà raconté à d’autre occasions, à propos de l’avènement de la radio diocésaine, l’abbé Gabriel KUSENGANA était au four et au moulin dès la conception du projet, dans l’organisation des nsinsani dans toutes les paroisses du diocèse pour réunir des fonds nécessaires et dans l’installation de l’antenne et du siège dans l’enceinte de la paroisse de Fatima.

3. Volet de ses relations avec les laïcs.

L’abbé KUSENGANA ordoné en 1962, en plein déroulement du concile Vatican II était visiblement marqué par le nouvelle vision ecclesiologique des pères conciliaires. Il était sorti de l’approche pyramidale de l’église pour une organisation horizontale de l’église qui l’aidait à travailler avec les fidèles laïcs dans un esprit d’écoute et de franche collaboration. Beaucoup parmi ceux qui l’ont fréquenté et travaillé avec lui confessent de s’être sentis valorisés par son style de travail. Il avait confiance en eux et les traitait avec considération et respect. Il savait aussi user de son sens de l’humour pour pouvoir détendre l’atmosphère et dédramatiser une situation qui bloque la marche en avant de la paroisse.

En conclusion, je garde de monsieur l’abbé Gabriel KUSENGANA l’image d’un prêtre selon le cœur de Jésus, un leader bâtisseur, un rassembleur de fidèles chrétiens, un guide qui leur indique le bon chemin et un réformateur dans beaucoup d’aspects de la pastorale d’ensemble du diocèse. Rien d’étonnant qu’il ait été l’œil et l’oreille de nombreux évêques qui se sont succédé à l’évêché de Matadi et qui n’hésitaient point à consulter sa sagesse pour la bonne marche du diocèse de Matadi.

Ce lundi 22 décembre 2025 où nous célébrons le dixième anniversaire de ta montée au ciel, nous avons eu une pensée pieuse pour toi durant la célébration eucharistique. Repose en paix cher estimé aîné et intercède pour la santé spirituelle de toute notre famille diocésaine.

Par Germain Nzinga

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