Brazzaville, en République du Congo. Fin d’après midi du 3 février 2026, j’ai eu le grand plaisir, en compagnie de Maman Mariotti, de rencontrer, en son domicile de Bacongo, l’icône de la musique congolaise et figure emblématique de l’Orchestre Bantou de la Capitale, Moutouari Kosmos.
Cette visite à Moutouari Kosmos m’a permis de consolider la vieille amitié qui me lie à lui et de témoigner, à travers lui, mon soutien aux Bantou de la Capitale, cet Orchestre qui a marqué l’histoire musicale de la République du Congo, et à l’ensemble des artistes musiciens congolais qui contribuent à la richesse culturelle de leur pays.
De la causerie avec Moutouari Kosmos, nous avions abordé le point de la condition générale des musiciens congolais. Condition marquée par les contraintes des difficultés de la vie. De plus en plus, en milieu artistique, les contrats de production se raréfient. C’est malheureusement une réalité pour beaucoup d’artistes en Afrique. Les difficultés socio économiques et le manque d’accompagnement constructif à la production musicale impactant fortement le quotidien de ces artistes.
La rencontre a été un beau moment de mettre en lumière ces défis et relever différentes initiatives susceptibles de soutenir les artistes.Tels, écouter et partager leur musique, assister à leurs concerts et aux événements qu’ils organisent, se procurer leurs albums ou des produits dérivés. Est envisageable la collaboration avec les artistes pour des projets musicaux, comme l’est autant la plaidoirie pour des politiques d’appui à la culture et à la musique.
Moutouari Kosmos et moi avions pensé qu’il était arrivé le temps de la création au Congo d’une école publique de musique. Celle ci pourrait être un excellent moyen de permettre aux artistes d’acquérir des compétences techniques, développer leur créativité et de nouer avec d’autres musiciens. Les cours de musique, en formation adulte, pourraient aider à développer l’inspiration et l’expression personnelle.
Identifier et encourager les jeunes talents ainsi que faire naitre une nouvelle génération d’amateurs de musique nous ont aussi préoccupés. D’où la thèse des orchestres de jeunes. Une initiative qui aurait l’avantage d’accroitre leurs compétences musicales, favoriser l’esprit d’équipe et la collaboration, au demeurant préparer l’intégration des jeunes dans des orchestres professionnels et fonder un vivier de talents pour l’avenir. Une espèce de tremplin pour les jeunes musiciens.
L’idée d’un Forum musical des Jeunes Talents » a été debattue pour mettre en avant les jeunes artistes. Un Forum dont les participants exposeraient sur des thèmes à coloration nationale. Et ici, est largement ouvert l’éventail des sujets qui inclueraient la richesse culturelle congolaise, la valorisation des traditions musicales locales, les opportunités pour les artistes de se produire et de partager leur culture. Rassembler les Congolais autour de leur culture commune, promouvoir la paix et la solidarité entre les régions, la diversité et la richesse de la musique congolaise completeraient la liste.
La nuit tombée, Moutouari Kosmos et moi avions arrêté notre échange, Moutouari Kosmos étant appelé à un chantier de taille. L’Orchestre Bantou de la Capitale devant se préparer à se produire les heures suivantes, hors de la Capitale congolaise.
Brazzaville 4 février 2026
Ouabari Mariotti