La virtuosité artistique de feu le musicien congolais Noël Nedule, dit « Papa Noël », reconnu pour avoir touché les cœurs par son jeu de guitare exceptionnel, a été évoquée à titre posthume, samedi, par un analyste musical de la République démocratique du Congo (RDC), au cours d’un entretien avec l’ACP.
« Papa Noël, enfant des deux Congo, né d’un père de la République du Congo et porté par l’âme de Kinshasa (en République démocratique du Congo), a élevé son art en servant avec éclat les deux capitales les plus rapprochées du monde. Parler de la rumba sans évoquer la virtuosité de Papa Noël Nedule serait une faute », a déclaré Eddy Ngombé Mwéné, président de l’association Congo Avenir.
Décédé en novembre 2024 à Paris, à l’âge de 84 ans, Papa Noël Nedule demeure, de l’avis du spécialiste, un maître des cordes et une mémoire vivante de la rumba congolaise, ayant contribué à écrire certaines des plus belles pages de cette musique aujourd’hui inscrite au patrimoine culturel immatériel de l’humanité.
« Ses phrasés, ciselés avec une précision rare, faisaient de sa guitare un instrument d’émotion et de sophistication, exigeant autant de technique que de sensibilité », a-t-il témoigné.
Évoquant son parcours artistique, M. Ngombé a souligné : « De Rock-a-Mambo à Vox Africa, en passant par les Bantous de la Capitale et l’OK Jazz, même Franco reconnaissait en lui un musicien d’exception. Avec humour et respect, il lui suggérait parfois d’adoucir son génie afin de préserver l’équilibre du groupe et de mieux servir la rumba ».
L’analyste a également revisité l’héritage artistique du guitariste, en rappelant des œuvres marquantes : « L’album + Bon Samaritain+ , enregistré dans les studios de l’IAD sous la direction de Freddy Kebano, demeure une œuvre culte et une référence pour tout auteur et amoureux de la rumba ».
Il a ajouté : « Son talent a également enrichi le catalogue Tamaris. Il signe +Choc d’amour+ , interprété par Djo Mpoy dans sa version kinoise (arrangements d’Empopo Loway) et par Ponpon Kuleta dans sa version française (arrangements de Dino Vangu). Sa guitare demeure une référence et son œuvre constitue un repère essentiel pour les passionnés de la rumba ».
M. Ngombé a conclu en évoquant sa présence, le 1er mars 2025, au funérarium des Joncherolles, à Épinay-sur-Seine, en France, où il était allé rendre les derniers hommages à ce guitariste emblématique, aux côtés notamment d’Émile Ngoy Kassongo, ambassadeur de la RDC en France, ainsi que de plusieurs artistes congolais, dont Canta Nyboma, Faya Tess, Seskain Molenga et Sam Tshintu.
ACP