J’ai lu « Un Maire, Une Ville », « Bâtir, Servir, Transmettre ». Ici, les impressions de lecture d’un Brazzavillois

MONDE DE LA CULTURE. Publié aux Editions Michel Lafon, en août 2025, l’ouvrage titré « Un Maire, une Ville, Bâtir, Servir, Transmettre », une production du Ministre de la Jeunesse, des Sports, de la Formation Qualifiante, de l’Education Civique et de l’Emploi de la République du Congo, M. Hugues Ngouélondélé, offre un regard marquant sur l’expérience de l’auteur, en tant que Maire de Brazzaville, à une étape de sa carrière professionnelle. Une fonction de Maire qu’il a exercée, une quinzaine d’années.

L’ouvrage est un témoignage précieux sur les défis et les réussites de la gestion municipale à Brazzaville. Aussi, l’auteur partage sa vision pour le développement de Brazzaville et les actions qu’il a menées pour améliorer la vie des habitants de cette grande agglomération.

Pour les autorités appelées à tourner leurs regards vers la ville de Brazzaville ou pour le citoyen qui gouvernerait la cité, après lui, le Ministre Hugues Ngouelondele décline une série de réflexions et de recommandations. Celles ci reposent sur des points forts. Tels les défis de la complexe gestion municipale. Il en est de même des initiatives pour améliorer l’éducation, la santé, et autres infrastructures inhérentes au bon fonctionnement d’une Mairie. Les obligations citoyennes du Maire, ainsi que celles des personnels et des services municipaux rentrent aussi en ligne de compte. Les limites et les échecs de la gestion municipale, en outre, minutieusement scrutés.

A ceux qui réfléchissent sur l’administration territoriale d’une entité de type communal qui peut inclure une seule ville ou plusieurs agglomérations et le développement urbain en Afrique, le livre est conseillé. D’autant qu’il présente une vue éclairée et des réflexions sur les défis et les opportunités de Brazzaville et de ses habitants.

L’auteur tire des enseignements sur la décentralisation qu’il faut encore améliorer. Il insiste sur le caractère impératif d’une meilleure et réelle autonomie financière de la Mairie. Souhaitant que l’Etat congolais, dans une logique de financement des travaux municipaux, se fasse violence en conférant la responsabilité de leur maîtrise évidente à la Mairie. La réalité de la décentralisation et de l’autonomie financière de la Mairie, pour une gestion efficace de la ville réside à ce prix, estime le Ministre Hugues Ngouelondele. Proposant, par ailleurs, que l’État congolais transfère davantage de compétences et de ressources à la Mairie pour lui permettre de prendre en charge les besoins de la population, se créer les moyens de financer des projets et des activités propres à la ville.

Au final, affirmer la responsabilité de la Mairie, dans la gestion des ressources et des services publics. Et, par extension, par le biais de la décentralisation, obtenir de celle ci une gestion plus efficace et plus proche des attentes de la population. Ce qui induirait, en conséquence, une participation plus civique des citoyens de la ville à la gestion de leur cité.

 » Un Maire, une Ville, Bâtir, Servir, Transmettre » est écrit dans un style bien travaillé et alerte. L’auteur utilise des séquences de paroles d’échange entre lui et des interlocuteurs pour illustrer ses propos et donner une idée de la manière dont les discussions se sont déroulées. En clair, une écriture, sous forme de dialogue, ce qui rend la lecture, agréable, facile, plus interactive et plus engageante.

La place du Ministre Hugues Ngouélondélé, dans la famille du Chef d’Etat Congolais M. Denis Sassou Nguesso a permis à M. le Maire d’avoir accès à des conseils et à une assistance de la part du Chef d’État, lorsque cela était nécessaire. Il à noter cependant que la relation du Ministre Hugues Ngouélondélé avec le Président de la République est un aspect important de son expérience en tant que Maire, mais qu’elle ne définit pas l’ensemble de son activité de ses réalisations à la Mairie de Brazzaville.

Enfin, le Ministre Hugues Ngouelondele semble avoir été préparé à la fonction de Maire de Brazzaville. Enfant de Poto Poto, un des quartiers populaires de Brazzaville, il a consacré une partie de son existence à vivre l’évolution de cette ville, avec ses joies, ses souffrances, les habitudes de ses population et les contours de leurs politiques. Son expérience et son engagement dans la ville ont été pour lui un atout, devenu Maire.

Au moment où, avec le sentiment d’une mission accomplie, le Ministre Hugues Ngouelondele quitte la fonction de Maire de Brazzaville, il se dit fier d’avoir exercé sa charge, avec passion et dévouement. Son expérience et ses connaissances lui ont permis, avec le concours du Conseil Municipal de Brazzaville, de prendre des décisions éclairées et de gérer la ville avec raison et de manière utile. Autant que possible, il a oeuvré à améliorer la qualité de vie des Brazzavillois, les infrastructures de la ville, notamment les routes, les ponts et les bâtiments publics. Des investisseurs ont été attirés. Des entreprises locales soutenues. D’où sa forte implication dans la fonction pendant une quinzaine d’années.

De la gestion de la Mairie de Brazzaville par le Ministre Hugues Ngouélondélé, il est incompréhensible que les pouvoirs publics congolais n’aient pas facilité le projet du Maire Hugues Ngouélondélé d’instituer une police municipale. Dans une ville comme Brazzaville ou l’incivisme est marquante, il en faut une, en raison de son rôle éducatif. La mise en place d’une police municipale à Brazzaville est un atout majeur pour la ville, notamment en raison de sa capacité à prévenir des incivilités et certains délits.

La question de l’enlèvement des ordures ménagères et des encombrants des rues, avenues et espaces publics de Brazzaville, demeure toujours, sans solution efficace durable. Enfouir les ordures ménagères n’est pas un palliatif durable pour une grande ville comme Brazzaville. La construction d’une usine de traitement et d’incinération d’ordures permettrait de traiter les déchets de manière efficace et de réduire les risques pour la santé publique et l’environnement. La crémation des déchets permettrait de produire de l’énergie thermique qui pourrait être utilisée pour divers usages, tels que la production d’électricité ou le chauffage. Une usine de traitement et d’incinération d’ordures moderne pourrait être équipée de systèmes de réduction des émissions de gaz à effet de serre, ce qui contribuerait à lutter contre le changement climatique.

Ce sont là, du bel ouvrage du Ministre congolais Hugues Ngouélondélé, les impressions de lecture du Brazzavillois que je suis, même si, depuis les violences du 5 juin 1997, au Congo, je réside à l’étranger. Impressions de lecture du livre d’un ancien Maire de Brazzaville qui a décidé de laisser à la postérité les traces écrites de sa quinzaine d’années d’exercice du pouvoir de Maire.

Après tout, qu’importent les appréciations qui en découleraient, si le nom de M. Hugues Ngouélondélé, l’auteur de « Un Maire, une Ville, Bâtir, Servir, Transmettre », prononcé dans la postérité, pourrait faire battre un jour un coeur reconnaissant.

Paris 21 novembre 2025

Ouabari Mariotti

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