DISPARITION. Pourtant reconnue officiellement comme aînée de la famille, Michaëlle Moutouari a dû faire des pieds et des mains pour obtenir de haute lutte cette décision de justice contre ses quatre petites sœurs qui voulaient à tout prix enterrer leur défunt père, le monumental artiste musicien congolais Pierre Moutouari, en France.
Mais pour en arriver là, ça n’a pas été comme une lettre à la poste. Il a fallu deux procès : Le premier, au tribunal d’Evry dans le 91 où habitait Pierre Moutouari de son vivant. Ici , Michaëlle Moutouari a fait valoir comme argumentaire, la volonté de son père d’être inhumé au pays , les rites et les coutumes africains et les exigences de la famille à respecter alors que la partie adverse a opposé comme éléments de défense, l’abandon de leur père de son vivant par Michaëlle Moutouari.
Convaincu par la consistance et la pertinence de l’argumentaire de Michaëlle Moutouari, le juge tranchera en faveur d’elle . Pourtant, sa petite sœur, Chimène Moutouari la plus téméraire des trois fera appel pour obtenir le renvoi de l’affaire au tribunal de Paris.
Au second procès, au tribunal de Paris, Michaëlle Moutouari défendra la même thèse tandis que la partie adverse l’accusera d’avoir fait des atrocités sur leur père Pierre Moutouari de son vivant et de n’avoir pas été rassembleuse.
En fin de compte, le tribunal de Paris prononcera son verdict en faveur de Michaëlle Moutouari.
Par ailleurs, pour des besoins de conciliation l’organisation des obsèques sera attribuée à Chimène Moutouari. Toutefois, au delà des suites judiciaires de cette affaire, Michaelle Moutouari et sa petite sœur Chimène Moutouari nourriraient un conflit de longue date qui affecterait tellement leurs relations qu’elles peineraient à faire taire leur ego.
Si Michaëlle Moutouari se targuerait d’être officiellement l’ainée de la famille et en voudrait énormément à son père qui de son vivant aurait caché pendant longtemps un lourd secret sur un enfant qu’il aurait eu avec une autre femme qui aurait pu être l’aîné de la famille, Chimène Moutouari, quant à elle, avouerait reconnaître cet enfant comme aîné de la famille et narguerait sa grande sœur jusqu’à contester son statut d’aînée de la famille.
Il se pourrait que ce procès que d’aucuns qualifieraient de procès de la honte organisé en France ayant opposé des sœurs d’un même père soit la résultante d’une guerre larvée d’ego surdimensionné entre elles au détriment de la mémoire d’un immense Pierre Moutouari qui ne méritait pas tel déshonneur, tant Pierre Moutouari fut tellement grand de son vivant.
Simplice Matourel (La Patte de l’expert)/La Semaine Africaine