Paris, 16 mai 2026, aux heures de l’après midi. Dans l’écrin feutré de la Maison BH Electronic, au cœur du 10ème arrondissement, la voix de l’histoire de la rumba congolaise a, une fois de plus, résonné. Cela, lors de la présentation au public du dernier album de l’Orchestre Bantou de la Capitale.
Une cérémonie placée, sous l’égide du Comité Bantou Paris représenté par son Président M. Didier Kabala, le Dr Alain Onkani Vice Président, le Secrétaire Général Marcellin Naka et M. Anytha Ngapy, en Charge de la Production. Deux Membres du Comité d’Honneur Paris du Comité Bantou, M. Théo Blaise Kounkou et moi également sur les lieux.
Un moment suspendu, où la mémoire et la création culturelle se sont donné la main. Il ne s’était pas seulement agit de lancer un album, mais de redéployer une ambition. Celle de porter plus haut encore le nom de l’Orchestre Bantou de la Capitale, de faire vibrer ses cordes au-delà des frontières congolaises.
L’objectif était clair. Consolider le rayonnement intérieur de l’Orchestre Bantou de la Capitale tout en reconquérant la scène internationale, là où sa légende a commencé, plusieurs années sont passées.
En effet, l’Orchestre Bantou de la Capitale n’est pas qu’un ensemble musical. Il est un livre ouvert sur l’âme congolaise, tissé de symboles, de récits fondateurs et de mythes qui traversent les générations. Chaque note de la musique de l’Orchestre Bantou convoque une mémoire collective et chaque mélodie ravive un fragment d’identité. Lancer un album de cet Orchestre, c’est rouvrir ce livre.
Comme le sport, la musique possède ce pouvoir rare de rassembler ce que la vie sépare. L’Orchestre Bantou de la Capitale incarne cette fonction sociale et spirituelle. Il rappelle que l’unité et la cohésion ne sont pas des slogans, mais des valeurs vécues, chantées, dansées. Autour de lui, la nation se reconnaît et se retrouve. Sur tout le territoire national congolais, derrière les murs des espaces où, à l’occasion, se produisent les Bantou de la Capitale, leur musique rassemble sans exclusive les Congolais.
Aujourd’hui, l’Orchestre Bantou de la Capitale porte le poids des années. Ses figures fondatrices, tels Jean Serge Essous, Nino Malapet, Edo Nganga, Célestin Nkouka, Saturnin Pandi ont quitté la scène et se sont éteints, laissant un vide immense. Mais la musique des Bantou de la Capitale ne meurt pas. Elle se transmet d’autant que le rajeunissement des musiciens qui n’est pas une rupture est une renaissance. Une preuve que l’arbre, même ancien, sait faire pousser de nouvelles branches.
Au fil du temps, les Bantou de la Capitale ont gardé un répertoire qui preserve son pouvoir de séduction. Du reste, entraînant et irrésistible. Il fait danser les corps et vibrer les cœurs. Aussi le
nouvel opus confirme que la formule Bantou de la Capitale demeure vivante, élégante, rythmée, profondément ancrée dans la danse congolaise.
Ce nouvel album des Bantou de la Capitale est de haute facture. Il est porté par des signatures prestigieuses. La qualité est au rendez-vous. Les compositions sont soignées, les arrangements d’une finesse remarquable. Moutouari Kosmos, fidèle à lui-même, signe des pièces d’une grande tenue. Il partage un duo mémorable avec l’international Sam Mangwana, rencontre entre deux générations et deux légendes.
De Moutouari Kosmos sont enregistrées les chansons Bilizite, Esanga et Lyvie Baba. Simon Mangouani y dépose également sa partition, dans une mélodie d’une belle délicatesse Pepe Faluzie.
L’édition de l’album est à l’image de son contenu. L’éditeur Anytha Ngapy a entrepris une oeuvre remarquable. Elle est soignée, élégante, digne de son contenu musical. Rien n’a été laissé au hasard.L’objet lui-même est un produit conçu pour durer et pour honorer l’orchestre.
J’en profite pour rendre hommage à l’esprit culturel de M. Henri, Directeur de la Maison BH Electronic. Nous lui devons la réussite de l’événement. Son engagement pour la culture et sa disponibilité ont rendu possible cette cérémonie. Il incarne cette personnalité rare du mécène discret, qui comprend que soutenir la musique, c’est soutenir l’identité d’un peuple.
Aux musiciens des Bantou de la Capitale, le message est unanime. Qu’ils continuent à aller de l’avant. Leur labeur quotidien, leur exigence artistique, leur fidélité à la musique congolaise sont un service rendu à toute la nation congolaise. Ils portent un flambeau, et ils le portent bien.
Enfin un appel aux autorités de la République du Congo. Si l’Orchestre Bantou de la Capitale est le porte-drapeau majeur de la musique congolaise, il ne peut supporter seul le poids de sa survie. Aussi est-il demandé à ces autorités une contribution plus active et plus structurée, pour préserver le patrimoine vivant qu’est l’Orchestre Bantou de la Capitale.
Le lancement parisien du nouvel opus des Bantou de la Capitale dépasse le cadre d’une simple sortie d’album. Il est un acte de foi, dans la pérennité de la musique congolaise, un pont entre hier et aujourd’hui, entre Brazzaville et le monde. L’Orchestre Bantou de la Capitale nous rappelle que les racines, si elles sont entretenues, ne cessent jamais de produire de nouveaux fruits. Àux institutions de la République du Congo ainsi qu’aux citoyens congolais, de l’intérieur et de la diaspora, de veiller à ce que cette sève qu’est l’Orchestre Bantou de la Capitale ne tarisse jamais.
Paris 16 mai 2026
Ouabari Mariotti
Membre d’Honneur Paris du Comité Bantou