République du Congo/Souvenirs Souvenirs. Ouenzé, au cœur de ma rencontre avec Ouabari Mariotti

Samedi 31 janvier 2026, un échange sur Messenger avec Ouabari Mariotti, afin de me procurer son ouvrage « Ce Jour-là en Jeans » livre de ses Mémoires publié aux Editions Baudelaire en France, en septembre 2023, que les réseaux sociaux ne cessent de promouvoir.

Au cours de notre échange, je réalise, avec plaisir, que Ouabari Mariotti est, comme moi, en séjour à Brazzaville. Rendez-vous est aussitôt pris à l’hôtel où s’est installé Ouabari Mariotti afin de rencontrer ce grand-frère de mon Ouenzé natal que j’ai vu il y a belle lurette.

Ouabari Mariotti ! Que de bons et beaux souvenirs de lui je garde. Je me rappelle son passage d’étudiant dans les murs du Centre d’Enseignant Supérieur de Brazzaville (CESB), actuelle Université Marien Ngouabi, alors que j’étais encore élève au lycée Savorgnan de Brazza. Ouabari Mariotti, cet étudiant métis habitant, non loin du marché de Ouenzé, un studio au 13 de la rue Dongou, à quelques encablures de la rue Mboko, la mienne.

Etudiant avec son cyclomoteur Peugeot BB qui faisait la fierté des grands-frères du CESB à cette époque, Ouabari Mariotti était un modèle du quartier qu’il fallait imiter pour être aussi admis par le CESB. Grâce à lui, j’obtenais mon Bac en 1972. Comme lui, j’ai aimé la musique de Rochereau et ses African Jazz et Fiesta dont je m’abreuvais au cours de ma tendre enfance avec des mélodies telles Indépendance Cha Cha, Africa Mokili mobimba et autre Sala Noki Pascal.

Révélations au cours de notre entretien, j’étais entré dans les profondeurs des chansons de Pablito Pamelo Mounk’a qui était l’ami et collègue de Ouabari Mariotti au Collège Catholique Chaminade des Pères Marianistes de Brazzaville et que j’avais déjà découvert en 1964 par l’intermédiaire d’un de mes oncles de la promotion de Ouabari Mariotti qui habitait la rue Kouyou non loin de la famille de Mbemba Bingui Pablito. Ce dernier revenait de Kinshasa après un passage éclair dans l’Africain Fiesta aux côtés du Docteur Nico Kassanda et son mentor Tabu Ley Seigneur Rochereau.

De mon Ouenzé natal, Ouabari Mariotti et moi avions parlé de ses noms emblématiques. C’est le cas de Michel Mbono dit Le Sorcier, grand joueur de foot de l’Etoile du Congo avec ses prouesses à la CAN 1972 de Yaoundé. Nous avions également échangé sur Miéré Chine, Noël Ewani, Clément Nzimbou, Felix Loubaki, Gaston Anatole Ndinga, Emile Ello. De même, sur Vipère de la Grande Ecole Officielle de Ouenzé. Vipère qui va se métamorphoser en Osdet au cours de son passage au lycée Savorgnan de Brazza.Celui qui s’était surnommé Vipère, ce grand dribbler au mwana foot n’est autre que l’actuel Président de l’Assemblée Nationale du Congo, l’Honorable Isidore Mvouba. Certaines personnes, ici citées, s’en sont allées.

Que de bons et beaux moments de tomber dans les souvenirs de notre Ouenzé natal qui ont meublé une partie de nos destins. Ouenzé, ce quartier cosmopolite qui a fait ce que nous sommes devenus actuellement.

De mon grand-frère Ouabari Mariotti, car mon aîné de six ans, je ne peux oublier qu’il est parmi les premiers géographes universitaires du pays. Ayant été aussi le premier Proviseur africain du prestigieux lycée Victor Augagneur Karl Marx de Pointe-Noire, deuxième ville du pays avant d’occuper le poste de Secrétaire Général auprès d’un Premier Ministre du pays, parallèlement à sa qualité de Maître Assisant de Géographie à l’Université Marien Ngouabi.

Au cours de notre causerie fraternelle, Ouabari Mariotti et moi, nous nous sommes rappelés un nuage triste qui avait survolé notre Ouenzé, avec la disparition de Gina, une grande figure emblématique féminine. Notre soeur du quartier, Gina, était parmi les premières femmes douanières du pays. Une dame qui se distinguait lors des défilés de la fête des travailleurs, le 1er mai de chaque année. Une sublime beauté qui marquait le macadam avec ses chaussures « hauts talons ».

Séjournant au nord de la France, dans l’agglomération de Lille, avec son homme M. Mabethéos, Gina avait ouvert dans cette ville un restaurant à la Congolaise, comme elle l’avait fait auparavant à Brazzaville, dans une rue de Ouenzé. Revenue au Congo, à l’occasion du décès de sa maman, Gina trouve la mort à l’aéroport international Maya Maya, le jour de son retour en France, le lendemain des obsèques de sa mère, des suites dun accident vasculaire cérébral.

De ce double deuil dans la famille de Gina, il fut alors décidé d »enterrer Gina au Congo, malgré les supplications de son homme, M. Mabethéos qui tenait au transfert de la dépouille de sa compagne à Lille.

Beaucoup d’autres souvenirs de Ouenzé, tant tristes que supportables, ont eu à meubler la retrouvaille entre Ouabari Mariotti et moi. Tous les deux, enfants de Ouenzé avant de nous séparer malgré nous, « Ce Jour-là, en Jeans », dans mes mains pour ma prochaine lecture critique.

Ouenzé Brazzaville 1er février 2026

Noel Kodia-Ramata.

Ecrivain et Critique Littéraire

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