Dans l’histoire de la musique congolaise moderne, peu d’artistes ont marqué leur temps comme Evoloko Lay Lay. Membre fondateur de Zaïko Langa Langa, ce groupe mythique qui révolutionna l’esthétique musicale des années 1970, il fut l’une des voix et des figures les plus charismatiques de cette aventure.
Avec Zaïko, Evoloko participa à une véritable rupture artistique; abandon des lourdes sections de cuivres, mise en avant des guitares, accélération du rythme, et surtout une nouvelle énergie scénique qui fit vibrer la jeunesse congolaise des deux rives. Sa voix, son style vestimentaire et sa présence marquée contribuèrent à donner à Zaïko cette identité avant-gardiste qui continue d’inspirer.
Mais l’apport d’Evoloko Lay Lay dépasse Zaïko. En solo comme à travers d’autres collaborations, il a imprimé sa marque sur la rumba congolaise, en la rendant à la fois moderne et enracinée, festive et réfléchie. Il a été un acteur central dans la transition entre la rumba classique et le soukous effervescent, prouvant que la créativité congolaise savait constamment se réinventer.
Aujourd’hui, alors que le temps semble avoir relégué son nom dans l’ombre, il est de notre devoir de rappeler sa place dans le patrimoine musical des deux Congo et de l’Afrique. Car la rumba congolaise, reconnue par l’UNESCO comme patrimoine immatériel de l’humanité, ne saurait être racontée sans citer Evoloko Lay Lay et son rôle déterminant.
Amoureux de la musique, je tiens à saluer cet artiste qui demeure une page vivante de notre mémoire collective. Rendre hommage à Evoloko Lay Lay, c’est honorer la musique congolaise dans ce qu’elle a de plus audacieux, de plus créatif et de plus universel.
Honneur au compositeur de fièvre Mondo, mbeya mbeya , Eliza m, onassis, semeki mondo, doné, requiem, betulla, soleil et consorts.
Tchitemb’u Li Tchikayi Tchiloang’u