Congo/POESIE : Fernande Mondélé publie son coup d’essai

Vingt et un balais! Venue au monde en avril 2004 à Brazzaville, Fernande Mondélé caressait le dessein, depuis sa tendre enfance, d’inscrire son nom dans le cercle fermé des écrivains congolais. Ce rêve est aujourd’hui devenu réalité. La jeune autrice congolaise, qui réside actuellement en France où elle poursuit ses études supérieures dans le commerce, vient, en effet, de publier, aux Editions Jet d’Encre (Paris), son coup d’essai poétique: «Les Mélodies que fredonnent mes cicatrices».

Le premier bébé littéraire de Fernande Mondélé renferme 27 poèmes, pour 58 pages.
À travers cette œuvre, disponible en librairie au prix de 13 euros (Environ 8600 F. CFA) et sur le site de l’éditeur (www.jetsdencre.fr), empreinte de sincérité et d’une sensibilité à fleur de peau, la néo-écrivaine congolaise capture l’essence des instants fugaces et des émotions qui la traversent: l’éclat d’une feuille au changement de saison, un baiser volé dans le froid d’un matin d’hiver, ou encore les tumultes d’un cœur qui cherche à se reconstruire.

Mais au-delà des paysages et des scènes de la vie quotidienne, c’est l’amour, dans toute sa complexité et ses contradictions, qui reste sa muse.
Dans ce recueil, composé avec une poignante lucidité, l’auteure tente de panser ses blessures et offre à chacun un espace pour se reconnaître, se perdre, et peut-être même se réparer.

Cet ouvrage reflète une personne qui explore ses émotions, et parfois même ceux des autres, des douleurs muettes et des tentatives de reconstruction. Chaque poème est un fragment de l’auteure, mais aussi, un miroir dans lequel d’autres pourront se reconnaître.
«J’étais une enfant qui ne savait pas toujours exprimer ce qu’elle ressentait à l’oral. Un jour, presque par hasard, j’ai commencé à écrire… et j’y ai pris goût. Je lisais beaucoup, notamment des poèmes et des textes de Victor Hugo, dont la sensibilité et la profondeur me touchaient. Mon entrée au lycée, en série littéraire, a renforcé ce lien avec les mots. L’écriture est devenue, pour moi, un exutoire naturel, plus simple que la parole, une façon de dire l’indicible. J’écoute, j’observe, je ressens. Mes textes sont traversés par mes propres blessures, mais aussi par celles que je perçois autour de moi. L’écriture me permet de transformer toutes ces émotions silencieuses en langage universel. C’est ce qui me séduit dans la littérature, cette manière dont nous avons à pouvoir transformer des maux en mots», explique Fernande sur les raisons qui l’ont poussé à embrasser la carrière littéraire.

Extrait du poème «Résonnance silencieuse».

Pauvre âme, perdue dans l’oubli,
Telle une bougie éclairant tes nuits,
Tentant de t’offrir chaleur et réconfort,
Elle s’est consumée, lentement, sans retour.
Voyant tes regards se perdre ailleurs,
Elle s’est éteinte, rongée par la douleur,
Réalisant enfin que ses efforts étaient vains,
Ne pouvant sauver celui qui s’égarait sans fin.

Véran Carrhol YANGA/La Semaine Africaine

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